André Carlotti

Confinés, déconfinés et reconfinés le 28 octobre par annonce présidentiel, les lieux culturels ont à nouveau fermé leurs portes le 30 octobre 2020, stoppant net leurs activités qui commençaient à peine à sortir la tête de l’eau. Cette mesure est vécue comme une injustice au vu des mesures prises par ces établissements pour garantir la sécurité de leur public (port du masque, etc.). Dans ce contexte, nous avons pu recueillir les impressions d’André Carlotti, directeur du cinéma Le Concorde à Nantes, un des établissements qui a dû fermer ses portes.

Au-delà des conséquences sanitaires, cette crise affecte aussi l’économie de plusieurs secteurs dont celui du cinéma qui est concerné par les fermetures des établissements culturels. En effet, l’absence de public dans le cinéma empêche tout entrée d’argent (achats de tickets de cinéma, de snacks, …) et contraint même les établissements cinématographiques à rembourser leurs clients comme pour les abonnements annuels par exemple. André Carlotti affirme cependant « pouvoir garder la tête hors de l’eau » grâce aux aides gouvernementales et aux aides financières proposées par le Centre National du Cinéma (CNC).

Par ailleurs, cette crise est aussi sociale et de nombreuses études confirme que le confinement a des conséquences sur le plan psychologique : « Une méta-analyse qui vient de paraître dans le Lancet montre que cette expérience (le confinement) peut, par exemple, avoir un impact psychologique délétère, avec des troubles de l’humeur, des confusions, voire un syndrome de stress post-traumatique. »[1] André Carlotti nous confirme avoir lui-même rencontré des difficultés au niveau psychologique : « Mais c’est plus au niveau du moral que c’est plus difficile. Comme on n’a pas de perspectives d’ouverture, ça devient dur de garder un semblant de motivation ! ». Par conséquent, André a mis en place une alternative en ouvrant une boutique de goodies (des cadeaux publicitaires qui peuvent se présenter sous différentes formes : porte-clé, mugs, clé USB, …) dans le hall de son cinéma : « Ca fait rentrer de l’argent et ça nous occupe (lui et son équipe) ».

André Carlotti en profite aussi pour tirer des leçons des mois passés depuis mars 2020 : « Si on regarde les chiffres de la réouverture du cinéma le 22 juin 2020, il a fallu 3 mois pour commencer à faire des chiffres honorables. Donc quand on ouvrira, il ne faudra pas faire les mêmes erreurs […] ».

Avec des établissements qui ferment durant de longues semaines, il est également indispensable de garder le lien avec les habitués afin d’éviter de perdre des clients lors de la réouverture. Dans ce contexte, la communication devient donc indispensable. André parvient à conserver ce lien en gérant sa boutique de goodies car grâce à celle-ci, il peut continuer à recevoir des clients dans son cinéma (même si ce n’est pas pour regarder des films) et échanger avec eux autour d’une même passion : le cinéma.

[1] Inserm (2020. 27 mars). Confinement : une étude pour évaluer les effets psychologiques. [article].

 

AMARA Lydia