Depuis le mois de mars dernier, notre manière de consommer et nos habitudes ont été bouleversées. Dès l’annonce du confinement le 13 mars 2020, une partie de la population s’est ruée dans les centres commerciaux par peur de manquer ou bien, pour faire des stocks, avec l’incertitude concernant l’avenir de la situation sanitaire. Ces ruées ont conduit à des pénuries de pâtes, de riz ou encore de papiers toilettes. C’est à ce moment précis que nos habitudes de consommation, alimentaires et hygiéniques, se sont modifiées et parfois, de manière radicale.

Comme le révèle un rapport de l’Institut IRI, Information Resources Incorporated, spécialiste dans le suivi de la consommation en grande surface, certains produits ont connu une consommation croissante et fulgurante. A cause de la situation, une grande partie de la population a passé beaucoup plus de temps chez elle, modifiant habitudes de consommation et d’achat. Jusqu’alors, beaucoup allaient aux restaurants ou dans les bars. Mais la crise a incité les français à déporter leurs achats, qu’ils effectuaient lors de leurs sorties, directement chez eux. Le budget “course” des ménages français a été beaucoup plus important en 2020 que durant les autres années car ils ont acheté plus en quantité et donc cela leur a coûté plus cher. Et cela, au détriment du budget consacré aux loisirs.

Toujours liées aux habitudes lors des achats dans les supermarchés, les produits ménagers ont également connu, une forte hausse de consommation, environ 332%[1] de plus pour les gels hydroalcooliques. Concernant, l’alimentation des français, certains produits se sont démarqués. Avec toute la famille à la maison et les restaurants fermés, tous les produits liés au “fait maison” ont été bien plus vendus. Les produits comme la farine, (+41 %), le sucre (+45 %) ou le chocolat pâtissier (+17 %) ont eu un réel succès car de nombreuses personnes ont redécouvert la cuisine et le fait-main. Tout comme les surgelés qui ont séduit les ménages et les familles par leur qualité de conservation et leur aspect anti-gaspillage.

Comme de nombreuses personnes ont arrêté de travailler pendant une longue période, certains produits ont perdu en popularité. Ça a été notamment le cas pour le secteur du snacking. Les Français ayant moins travaillés, les sandwichs, les salades préparées, les salades de fruits ou encore, les biscuits en sachet ont perdu leur attrait et ont affiché de mauvais chiffres. Ce ne sont pas les seuls produits que les français ont « déconsommés ». En effet, le maquillage, les parfums et certains produits d’hygiène n’ont pas rencontré de succès, comme le déodorant ou la laque. On peut expliquer cela par l’absence de sorties et d’interactions sociales. Cette crise sanitaire a alors montré que certains secteurs industriels ont été plus fortement impactés alors que d’autres ont explosés.

De plus, depuis la fermeture des restaurants, certaines nouvelles habitudes ont émergé et se sont durablement installées dans de nombreux foyers. Toujours à cause de la fermeture des restaurants et de certaines mesures sanitaires comme les confinements ou le couvre-feu, le drive et les services de livraisons ont vu leur consommation exploser. Uber Eats ou Deliveroo ont connu et connaissent toujours un important succès auprès des français. En effet, même si une proportion importante de la population a privilégié le “fait maison”, la consommation locale, certains ont décidé de commander leurs plats de restaurants ou de fast-food préférés par le biais de plateformes de livraisons. Par exemple, Uber Eats a connu un succès sans équivoque avec un nombre de livraisons progressant de 130% entre août 2019 et août 2020. De nombreuses personnes ont fait appel aux services de livraison par souci de rapidité ou parce qu’il n’avait pas envie de faire les courses pour cuisiner. Uber Eats et Deliveroo ne sont pas les seuls à avoir connu de fortes hausses de consommation, les drives de grandes surfaces ont également été très fréquentés avec 225% de fréquentation en plus.

Image par postcardtrip de Pixabay

Tous ces changements ont, bien évidemment, conduit à des conséquences environnementales. D’abord au début de la crise sanitaire, 54% de la population avait souhaité diminuer leur fréquence d’achat, pour se rendre moins souvent dans les magasins mais de manière plus efficace afin d’éviter la contamination. Si l’insécurité grandissante a poussé d’abord à la surconsommation, une manière de se rassurer, avec le temps, les gens se sont organisés pour aller moins souvent dans les magasins et rationaliser leurs achats.

La consommation excessive de plastique et d’emballages a toujours été un problème mais l’explosion des services de livraisons ont encore plus poussé les consommateurs à les utiliser. En effet, pour apporter et transporter les aliments et courses, il faut des sacs et de nombreux emballages, ce qui conduit à l’utilisation de plastique à outrance, aggravant alors le problème de pollution. L’environnement a donc été “bouleversé” par toute cette utilisation de matériaux polluants. Néanmoins, l’Etat et des associations ont fait en sorte de sensibiliser les individus sur le réemploi des emballages et sur le recyclage de certains matériaux, pour que le phénomène de pollution ne s’aggrave pas. Des actions ont été mises en place, dans les drives des supermarchés, par exemple, certaines enseignes ont demandé que les sacs distribués pour ranger les courses, donnés lors du premier passage, soient à ramener à chaque fois.

Mais le coronavirus a engendré un problème environnemental bien plus sérieux : les masques. Tous les citoyens étant obligés de les porter et d’en changer plusieurs fois par jour, une nouvelle dérive est apparue, celle de jeter les masques dans les rues. De très nombreux masques ont été et sont, ainsi, jetés. De plus, il est compliqué de les ramasser car ils sont peut-être contaminés par le virus. Le problème des masques perdure depuis plus d’un an et certains individus continuent de les jeter dans les rues, de manière quotidienne. Nous voyons alors que même si des méthodes comme la sensibilisation ont permis de limiter l’impact environnemental causé par toutes ces nouvelles manières de consommer, il existe toujours des attitudes qui ont de lourdes conséquences sur la nature.

Image par Markus Winkler de Pixabay

[1] (+332 % par rapport à 2019 pour les masques et les gels hydroalcooliques) À cause du Covid-19, les Français ont changé leurs habitudes de consommation – Edition du soir Ouest-France – 20/01/2021 (ouest-france.fr)

 

Elodie FROUMENTIN