Nos deux rédactrices, Chloé et Lydia, sont allées à la rencontre de deux étudiantes de l’UCO : Philippine Durand et Joséphine Sabatier. Ces dernières sont engagées au sein de l’association Constellation et nous ont partagé leur expérience.

Chloé : Que signifie l’engagement pour vous ? 

Philippine : Pour moi, l’engagement c’est s’engager pour une cause sociétale pour apporter une aide aux personnes qui en ont besoin. 

Joséphine : Pour moi, l’engagement c’est aller au-delà de soi, aller vers les autres et faire quelque chose de bien pour les autres. 

Chloé : Pouvez-vous nous présenter l’association et son activité ?

Philippine: Constellation c’est une association pour les parents d’enfants en situation de handicap, c’est un réseau qui repose sur la paraidance, donc le fait d’aider ses pairs. La spécificité de l’association c’est que ce sont des parents qui ont des enfants en situation de handicap qui vont venir en aide à d’autres parents qui ont aussi des enfants handicapés. L’association s’articule sur trois champs d’actions.  

Joséphine : En effet, il y a le répit. Cela permet aux parents de se reposer, de laisser les enfants à une équipe pendant une journée, une soirée, un week-end pour avoir du temps pour eux. Il y a l’accueil et le soutien. Ce sont les parents qui font partie de l’association qui vont à la rencontre d’autres parents, pour faire une première rencontre, pour discuter des problèmes, de quels types d’aide ils auront besoin… 

Philippine : Le dernier champ d’action, c’est la vie collective. Il y a pleins d’ateliers qui sont organisés pour les parents, pour les enfants. Ça va être des ateliers sophrologie, des ateliers découvertes, pleins d’activités pour sortir les familles de leur quotidien et  rencontrer d’autres personnes. 

Chloé : Pensez-vous qu’à notre âge, il est important de s’engager dans le milieu associatif/social et pourquoi ? 

Joséphine : Premièrement, oui évidemment c’est toujours bien de s’engager. D’un point de vue personnel en tant qu’étudiante, cela permet de faire une expérience, de sortir de sa zone de confort et voir comment ça se passe dans le monde réel, hors du monde étudiant.  D’un autre point de vue plus solidaire, plus tourné vers les autres, c’est évidemment enrichissant et puis ça apprend pleins de choses.

Philippine : Chacun est libre de faire ce qu’il veut mais c’est sûr que s’engager pour une association c’est bien. Tu rencontres d’autres personnes, ça ouvre pleins d’opportunités et ça permet vraiment de s’ouvrir à d’autres choses et d’aider les autres surtout.

Chloé : Qu’est ce qui vous touche le plus, par quel sujet êtes vous le plus sensible ? 

Philippine : Un peu toutes les causes, le handicap, l’écologie de manière générale… Tous les sujets “sensibles”

Joséphine : L’inclusion.

Lydia : Depuis combien de temps êtes-vous engagé auprès de cette association ? 

Joséphine : Septembre 2019. 

Philippine : Ça fait un an et demi à peu près.

Joséphine : Depuis le début de la création de l’association, ça a été créé en octobre et on a été un mois avant pour pouvoir parler par exemple du nom, de la charte graphique, faire des communiqués de presse auprès des journalistes. 

Philippine : Trouver l’identité de l’association !

Lydia : Comment avez-vous eu connaissance de cette association si elle n’existait pas encore ?

Philippine : Alors en fait, Clothilde est une amie à moi qui travaille dans le médicosocial et qui avait envie de créer une association pour venir en aide aux enfants en situation de handicap et comme moi j’ai un frère jumeau qui est handicapé, qui est autiste, c’était un moyen de contribuer à cette cause qui me tient vraiment à coeur. Clotilde m’a proposé de travailler pour la communication de l’association et elle m’a demandé d’en parler autour de moi. J’ai proposé à Joséphine de faire partie du projet et c’est comme ça qu’elle s’est greffée au projet. 

Joséphine : Clotilde s’est inspirée d’une association qui existe au Canada, L’étoile de Pacho, c’est à partir de ce modèle qu’elle a voulu développer une association en France. 

Philippine : Elle a fait son stage là-bas et c’est un concept qu’elle a beaucoup apprécié et comme au Canada, tout ce qui est aide au public handicapé c’est assez développé, elle avait envie de faire quelque chose en France parce que c’est vrai qu’il n’y a pas vraiment d’actions. Elle s’est dit qu’elle avait envie de participer à ça, de faire bouger les choses et c’est pour ça qu’elle a décidé de créer Constellation.

Lydia : Quelles sont les missions que vous réalisez au sein de cette association ? 

Philippine : Au vu du contexte actuel sanitaire, on était censé organiser des événements mais ça n’a pas pu se faire. Donc on est plus sur les supports de communication, tout ce qui va être les posts Facebook, des plaquettes, des affiches, des cartes de visites, des brochures… Le site internet c’est nous qui l’avons alimenté. 

Joséphine : Puis au tout début de l’association, on a fait les communiqués de presse pour montrer qu’il y avait une nouvelle association. On a aussi fait les dossiers partenaires, les dossiers pour les financeurs… 

Lydia : Est ce que le fait d’être à deux change quelque chose selon vous ? 

Philippine : Bien sûr, en tous cas de mon point de vue j’avais envie d’être en binôme et je trouve que c’est encore mieux. Quand on est toute seule, on peut vite s’initier dans quelque chose, on n’a pas le côté ouverture, un autre point de vue et je pense qu’on est vraiment complémentaire et ça on le voit tous les jours. On a chacune nos domaines de prédilections. Donc moi en tous cas je suis trop contente de travailler avec Joséphine. 

Joséphine : J’aime bien travailler aussi en binôme, on se connait, on sait comment travailler ensemble, ça matche bien. Et je ne me voyais pas m’engager toute seule, c’est beaucoup de travail, même à deux déjà…

Philippine : Le fait que je connaisse un peu plus le sujet, on se complète, j’ai pu lui expliquer certaines choses vu que je le vis au quotidien.

Chloé : Ducoup, qu’est ce que cet engagement vous a apporté sur le plan personnel et sur le plan professionnel ? 

Philippine : Sur le plan professionnel, c’est un moyen de mettre en application ce qu’on a vu à l’école. Après sur le plan personnel, étant donné que j’ai un frère autiste ça m’a permis d’aider d’autres parents, parce que quand mes parents ont appris que mon frère était autiste c’était compliqué. J’étais petite et du coup m’engager dans un projet comme ça aujourd’hui, c’est aussi significatif parce que ça permet d’aider les autres parents, c’est pas évident de vivre comme ça. En tant que sœur d’une personne en situation de handicap, j’apporte un regard neuf, c’est essentiellement des parents, je peux donc apporter une autre vision qu’ils n’ont pas forcément.

Joséphine : Sur le plan professionnel, ça m’a apporté la rigueur, la précision et surtout le fait de s’adapter aux demandes. Mais surtout, quand on a eu des problèmes comme par exemple des problèmes d’impression avec des png ou autres, il a toujours fallu trouver des solutions à tout. 

Philippine : La prise d’initiatives, l’autonomie aussi. Ce ne sont pas des pros de la communication (les bénévoles de l’association) et donc on est un peu autodidacte et ça c’est bien aussi.

Joséphine : Je dirais que depuis le début, on s’est vraiment amélioré sur le plan professionnel comme dans l’organisation notamment, en rendant les choses toujours à temps. Dans la réalisation, on va plus loin et plus vite. Sur le plan personnel , j’ai découvert le monde du handicap que je ne connaissais pas du tout et j’en apprends un peu plus tous les jours. Et je me rends compte de la réalité notamment via les mamans qui travaillent dans cette association. 

Philippine : Ce sont des handicaps assez lourds donc je pense que ça permet d’ouvrir les yeux quand tu ne connais pas.    

Joséphine : Après c’est vrai que parfois il m’arrive d’être maladroite *rires*.

Philippine : Après c’est pas évident de prendre des pincettes mine de rien car moi je le sais. Même si parfois tu as du mal, ça te permet de t’adapter au public auquel tu t’adresses.

Chloé : Est-ce qu’il y a eu des moments plus difficiles (périodes de partiels, de rendu de dossiers…) et pendant lesquelles vous ne pouviez pas pleinement vous investir ? Ou alors vous avez toujours su vous organiser ? 

Joséphine : Le dernier (moment difficile) en date c’était le mois de décembre lorsqu’on avait tous les dossiers à rendre.

Philippine : Mais honnêtement, on a toujours rendu le travail en temps et en heure. 

Joséphine : Après ça arrive qu’il y ait deux/trois jours de retard.

Philippine : Mais on arrive toujours à s’organiser par rapport aux deadlines.

Joséphine : Et puis les filles (de l’association) nous préviennent bien en amont de ce qu’il faut faire. 

Philippine : Après j’avoue que j’ai souvent privilégié Constellation à mes dossiers. 

Joséphine : Oui, moi aussi. On s’appelait tous les week-end pour travailler sur Constellation; c’est plus passionnant. 

Philippine : Mais des fois c’est un peu compliqué, on a besoin de souffler parce que c’est assez intense le rythme à l’UCO et en plus Constellation qui se greffe, ça prend beaucoup de temps. Mais je pense que c’est une immersion dans la future vie professionnelle parce qu’en tant que professionnel tu n’as pas qu’un seul projet à la fois. Et donc, ça nous apprend à un peu tout gérer en même temps. 

Joséphine : Et puis je pense que c’est aussi un équilibre à trouver avec l’UCO et maintenant on arrive plutôt bien à gérer. 

Philippine : Je pense que c’est un atout là-dessus. 

Chloé : Êtes-vous prêtes à continuer à travailler avec cette organisation ou alors vous engagez avec une nouvelle ? 

Joséphine : Franchement je ne sais pas du tout comment je vois l’avenir étant donné que je change de ville l’année prochaine. J’aimerai bien continuer avec Constellation parce que ça se fait à distance. Il y a de moins en moins de demande ces derniers temps mais c’est important de rester accrocher au projet, d’aider. Je ne me vois pas quitter l’association du jour au lendemain. 

Philippine : Surtout qu’on est nées avec le projet. Moi je pense que je vais continuer à m’investir et il y a même un projet pour les fratries. D’organiser des temps avec les frères et sœurs de personnes en situation de handicap que j’animerai peut-être, donc ça c’est un projet en cours. Après en ce qui concerne la communication, je pense qu’il y a d’autres personnes qui vont arriver et l’équipe va s’agrandir. Je pense qu’on restera quand même de près ou de loin dans l’association. 

Lydia : Pourquoi pensez-vous que certains ne sont pas engagés au sein d’associations ? 

Joséphine : Moi je pense que c’est surtout une question de temps, d’organisation. Parce que faire un engagement étudiants à côté des cours/de l’université et qu’en plus tu as un job étudiant, c’est intense. 

Philippine : Il y en a qui ont tout simplement pas envie de s’investir mais je pense qu’il y a quand même beaucoup d’étudiants qui ont envie de s’investir dans des associations. Après les personnalités sont différentes, il y en a qui ne sont pas trop ouverts. Mais moi j’encourage tout le monde à participer de près ou de loin dans une association parce que c’est ultra enrichissant. 

Joséphine : Franchement, j’ai été étonné quand je suis arrivée ici (à l’UCO), je me disais “mais les gens ne font rien à côté” et en fait j’ai découvert au fur et à mesure que les gens menaient des projets, avaient des trucs à côté. Il y en avait par exemple qui commentaient des matchs, il y a Lucien avec son label musical…Et donc j’ai trouvé ça vraiment intéressant et enrichissant.

Philippine : Et puis je pense qu’on est dans une filière (Information-Communication) où je pense qu’il faut faire des choses à côté. Je pense que l’engagement étudiant est aussi important que les stages, c’est ce qui nous forme. 

Joséphine : L’engagement c’est un peu comme un stage en continu. Mais après ça dépend de ce que tu fais dans ton association car tu ne fais pas forcément de la communication. Nous ce qu’on fait, c’est de la communication donc c’est un peu comme un stage mais y en qui font des actions complètement différentes de la communication mais qui sont pour autant engagés. 

 

Merci à Philippine et Joséphine pour cet entretien très enrichissant.

 

AMARA Lydia et DUCHESNE Chloé